poèmes soufi

Vois cet étrange spectacle : je suis à la fois immobile et mouvant.

Dans ma coupe d’aujourd’hui, vois se refléter demain.

arbredevieouzbeck-1.jpgVois cachés dans mon cœur mille monde éclatants,

Vois mille étoiles qui roulent et mille coupoles du ciel.

Je suis le vêtement de l’humanité, et la robe de la divinité.

Le destin est l’un de mes artifices, la liberté humaine vient

Aussi de moi.

Tu es l’amant de Leyla, je suis le désert de ton amour.

Je suis comme l’esprit, au-delà de ta recherche.

Tu es le secret de mon cœur, je suis le secret du tien.

Je me manifeste par ton esprit, je suis caché dans ton esprit.

Je suis le voyageur, et tu es mon but. Je suis le champ, et tu es ma moisson.

Tu es la musique de toute harmonie. Tu es l’esprit de la vie.

O vagabond fait d’eau et d’argile, vois l’immensité de ton propre cœur :

Un océan sans bornes, contenu dans une coupe.

C’est de tes hautes vagues que s’élève la tempête.

                                                         Iqbal



Mohammed Iqbal

 

Mohammed Iqbal, né le 9 novembre 1877 à Sialkot dans le Penjab, décédé le 31 Avril 1938, est un poète, un philosophe et un homme politique indien musulman.

Ses ancètres étaient des brahmanes du Cachemire convertis à l’Islam. C’est à Lahore, puis à Londres où il exerce le métier de professeur d’Arabe, et en Allemagne qu’il est initié à la pensée occidentale.

De Retour au Penjab en 1927, il contribue, par son influence, à la naissance de l’état du Pakistan où « Shair-i-Mashriq » (le Poète de l’Orient) est toujours vénéré aujourd’hui. Depuis la Ligue musulmane le considère comme son théoricien .

Dans son œuvre maitresse : « Reconstruire la pensée religieuse de l’Islam », il fait un état des lieux de la pensée musulmane et de son apport à la Pensée universelle.

Pour Iqbal, le but ultime du Coran est « d’éveiller en l’Homme une conscience plus haute de ses multiples relations avec Dieu et l’univers. »

Le Poète disait : « Je suis venu dans le monde comme un soleil neuf ».

A la veille de sa mort, il laissa ce quatrain énigmatique : « lorsque je quitterai le monde, chacun dira : « je l’ai connu », mais la vérité est hélas ! Que personne ne savait d’où était cet étranger ni d’où il venait. »


Rumi:

dragon perse

 

« La Première chose créée par Dieu a été la plume du roseau. »

Rûmî raconte que le Prophète avait dévoilé à son gendre Ali des secrets qu’il lui avait interdit de répéter. Pendant quarante jours, Ali s’efforça de se maitriser. Puis, comme il n’y tenait plus, il enfonça sa tête dans un puit, et se mit à y déverser les Mystères.. Sa salive tomba dans l’eau du puit, et quelques jours après, un roseau avait poussé, qui grandit de jour en jour.

Un Berger coupa ce roseau, y perça quelques trous et se mit à en jouer. Tous les jours  il jouait devant ses moutons.. Le son de cette flûte était magique… Bientôt, Le Berger devint célèbre Beaucoup (hommes et animaux) venaient de loin pour entendre cette musique

.. De bouche en bouche, l’histoire parvint à l’oreille du Prophète, qui

 

fit venir le berger jusqu’à lui. Quand celui ci commença à jouer, toute l’assistance entra en extase.

« Ces mélodies, dit le prophète, sont le commentaire des Mystères que j’ai communiqués à Ali en secret.. »

Djalal al-din-Rûmî


quelques éléments sur la biographie légendaire de Djajal al din Rûmî :

« Né à Balkh (Khorassan iranien), vraisemblablement le 30 septembre 1207 dans une famille soufie (son père est théologien et prédicateur). Toute la famille fuit la ville en 1219,  de peur des invasions mongoles. Les errances commencent, de la Mecque à Nishapûr, où le jeune Rûmî rencontre le grand poète Attar qui lui offre son « Livre des secrets », jusqu’à Konya (dans l’actuelle Turquie).  La famille se fixe dans cette ville, à l’invitation du gouverneur de la province, qui , selon la légende, y aurait fait construire un collège pour son père, Baha –od-din Walad…

Djalal –al-din-Rûmî y enseignera la théologie et la mystique jusqu’à sa mort en 1273.

A 35 ans, il vit une rencontre fulgurante avec un derviche errant du nom de « Shams-e-Tabrizi » qui lui inspire ses poèmes mystiques et une immense épopée « le mathnawi ».

Djalal-al-din-Rûmî est le fondateur de la confrérie des derviches tourneurs. »


 Melek_taus.png


Yunus Emre


 J’ai vu le visage de l’Aimé

 

 

Ah, mon Ami, dans l’océan de ton amour

            Entrer, sombrer-danser

Les deux mondes un seul espace

           Mener la ronde-danser

 

Entrer dans l’océan, sombrer

             Ni un ni deux, ni cecei, ni cela

Rossignol au jardin de l’Ami

              Cueillir des fleurs-danser

 

Beau Rossignol chanter

               Saisir les cœurs, gagner les âmes

La tête blottie dans ma main

              Offert à ton chemin-danser

 

Beau Rossignol tomber

               Combien de cœurs lui conduirai

Mon visage doucement vers la terre

               Le mener avec amour-danser

J’ai vu le visage de l’Aimé

              Goûté la saveur de la rencontre

Ah, l’abandonner enfin cette ville

               Du mien, du tien-danser

 

Yunus est un perdu d’amour

               Des malheureux le plus démuni

Elle est en toi ma guérison

Simplement demander-danser


Contemporain du poète persan Rumi, Yunus Emre est l’inspirateur de la Poésie mystique turque. Renoncer aux attaches terrestres pour s’abandonner à l’amour immortel, telle est l’idée vivante qui irrigue les textes de ce poète soufi. Ecrivant en Turc à une époque où seul le Persan était une langue poétique reconnue, il est considéré comme le fondateur de la langue poétique populaire.

On ne connaît de sa vie que quelques éléments épars : il aurait vécu dans un couvent d’Anatolie, et se serait occupé des travaux du monastère..

le reste de sa biographie appartient à la légende.


montagne-orient.jpg

 

 

 

 

 


Omar Khayyam

 

« Je posai ma lèvre ardente »

 

Je Posai ma lèvre ardente

         Sur la lèvre du pichet,

Implorant de sa science

         Le secret d’éternité.

En me rendant ce baiser,

         Il me dit en confidence :

Bois ; ce monde que tu hantes,

         Tu n’y reviendras jamais.


Né en 1048, mort en 1131, Omar Khayyam est connu comme poète, mais aussi mathématicien, astronome et philosophe. En Tant que philosophe, il publie d’importants ouvrages scientifiques de référence. En revanche, on ignore s’il est le véritable auteur des quatrains agnostiques, parus sous son nom dans un siècle où l’Islam se radicalisait ! Quelque soit leur auteur, Ils révèlent un esprit original et profond.



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