l'archétype de Cendrillon

 

 

 

Qui ne connaît cendrillon ?

 

 

Rappelez-vous cette jeune fille dont la mère est morte et dont le père est remarié. Cendrillon est maltraitée par sa belle mère et ses deux demi-soeurs.

 Vous vous souvenez du bal ou Cendrillon peut se rendre, grâce à ses marraines les fées, ainsi que de la pantoufle perdue. C’est cet élément qui permettra au prince de retrouver Cendrillon.

 

Nous retrouvons les trois phases...

 

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D’abord la souffrance de sa condition: Cendrillon est ,malgré l’aisance de son père ,une pauvre servante soumise à la bêtise de ses demi soeurs et au despotisme de sa belle mère.

mais une aide magique va lui permettre de réaliser son but encore inconscient : trouver son prince charmant.

 

Cette légende ,n’a pas l’aspect masculin pour élément central, mais le féminin : ici c’est la souffrance , l’insatisfaction de la condition de l’être incomplet qui est le moteur. L’appel de l’amour, la quête de l’autre doit être réalisée.

 

 

 

 

A cet appel répondent trois éléments magiques. Ils remettent à l’élément féminin représenté par Cendrillon, les vêtements de sa condition véritable, la revêtent de nouvelles forces provenant du monde divin.

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 La domination effrénée de l’ego,(la belle mère) accompagnée par l’ignorance de l’origine de la dualité, des forces de la double nature (les deux soeurs) font surgir dans la personnalité, l’appel de l’âme à la délivrance.

 

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deuxièmement : la nouvelle conscience , le prince, reconnaît la beauté de l’âme naissante, par son vêtement issu du monde magique et son symbole, la pantoufle de verre. Puis vient le mariage.

Au plus profond de l’homme est un vestige du divin.  Cet élément originel garde au centre du microcosme humain le souvenir d’une dimension tout autre, sans séparation , sans dualité. Un royaume de lumière, où existe l’Amour véritable, l’Harmonie parfaite, une Paix profonde, dans le mouvement divin. Le véritable monde de l’homme.

 

Cela explique la souffrance de l’être, face à la misère de notre planète, ou rien n’est stable, ou le bien se change rapidement en son contraire.

 

Ayant reconnu intérieurement ce fait , la nouvelle conscience, mûrie par d’amères expériences, appelle la liaison avec l’Esprit : le prince dans les légendes.

Cet Esprit se prépare à se relier à cette âme renaissante.

 

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Encore faut-il que cette nouvelle conscience, soit bien digne d’endosser le vêtement royal. Le premier attouchement est concluant mais l’âme naissante n’est pas assez forte, pour rester avec la force montante de l’Esprit. Il lui faut une maturité, d’ou la fuite, de Cendrillon.

Puis c’est la force du monde divin , qui veut se relier à l’âme : la recherche du pied pouvant s’ajuster à la pantoufle.*

finalement le mariage peut être célébré.....

 

 

Et la troisième phase ?

Et bien dans notre conte elle n’existe pas, il n’y a que deux phases.

 

C’est la difficulté d’interprétation des légendes, que l’on retrouve ici. bien souvent , elle sont incomplètes et tronquées, par le temps et les ages. Ou alors, elles ont été réécrites sciemment ,par la religion dominante du pays, comme c’est le cas, pour notre domaine français.

 la structure du chemin spirituel de l’homme est très précise, il faut donc connaître ce processus pour pouvoir discerner les textes traitant de ce sujet.

   


Les légendes peuvent être lues selon différents plans :

Premièrement : celles ci peuvent être de valeur éducatives, par la morale, le respect de la vie en société.

Deuxièmement : psychanalytique, par la recherche de soi- même, la remise en question de ses idéaux .

Mais la réalité profonde du conte merveilleux, est la nécessité de répondre au plan de développement intérieur de l’homme.

 

Troisièmement , donc , le conte illustre et rappelle le chemin de transformation , de la renaissance de l’homme véritable.

le chemin spirituel.

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Revenons à Cendrillon. Si notre légende ne possède que deux phases, ce n’est pas le cas en Asie.

 Une légende Vietnamienne possède la même trame : ici c’est le Bouddha qui vient en aide à la jeune fille, en lui faisant cadeau d’un petit poisson de lumière . Ce poisson est détruit par la belle mère. La jeune fille, qui s’appelle Tam, dans l’histoire ,place les arêtes du poisson dans quatre vases. De ces vases sortiront les vêtements et le cheval pour aller au bal. le roi trouve la pantoufle de la jeune fille ,puis vient l’épisode de la recherche du pied de Tam, finalisé par leur mariage.

 


Voici les deux première phases .

Peu de changement dans cette légende , sauf le petit poisson lumineux, qui est le symbole de l’élément divin en l’homme. Et, bien sûr le Bouddha qui remplace les fées.

 

Mais à partir de là, l’histoire continue , un jour la jeune fille, retourne, dans sa famille.

Sa belle mère lui demande d’aller chercher des fruits dans un arbre, puis elle abat l’arbre, Tam tombe et se change en alouette.

L’alouette va chanter à la fenêtre du roi. La belle mère fait attraper l’oiseau ,le tue, et l’enterre. De là ,naîtra un arbre couvert de fleurs écarlates qui subjuguera le roi .la belle mère demandera à un menuisier d’abattre l’arbre. Cet homme sculptera dans le bois une navette de métier à tisser, (cet objet chante merveilleusement, quand le métier tourne). La navette est brûlée, et de ses cendres sort à nouveau un arbre, couvert de fleurs, avec un seul fruit tout en haut. De ce fruit sort Tam, qui retrouve le roi.

 

 

ici, sous forme imagée, est décrit ce que l'on appelle la transfiguration, le chemin spirituel dans l'étre même de l'homme.

Les orientaux ont connaissance depuis longtemps du système des chakras. C’est ce qui est développé, dans cette histoire, c’est la transformation qui se fait dans l’être humain quand l’Esprit peut s’unir, à nouveau, à l’âme dans la personnalité.

 

La troisième phase ,dans l’histoire, présente le circuit de la transformation intérieure  :

 

L’Esprit a réveillé la force de la conscience-âme, dans l’intellect. mais celle-ci doit renaître véritablement dans le coeur, symbolisé par l’alouette. Du coeur, la conscience-âme-sang jaillira dans le chakra du front, ainsi que dans les cavités cérébrales, les fleurs écarlates. Puis cette force descendra dans le chakra du coccyx : Là où toutes les expériences du passé sont emmagasinées, bloquant négativement l’être humain ; la navette du métier a tisser symbolise ce chakra.

La nouvelle force brûlera les noeuds karmiques , nettoiera ce chakra et rendra à ce passé, toute sa richesse de compréhension.

Puis la force remplie d’énergie remontera par la colonne vertébrale , le tronc de l’arbre , dans la légende, et illuminera à nouveau le chakra du front, ainsi que les cavités cérébrales, les fleurs. Le fruit tout en haut symbolise  l’éveil de la pinéale, centre du chakra au sommet de la tête.

C’est à cet endroit que l’Esprit ayant régénéré tout le corps humain, peut s’unir totalement à l’âme, et que l’homme véritable ,peut exister.

 

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ces deux archétypes, ainsi que bien d’autres formes de légendes merveilleuses, rappellent à l’homme , son but sur cette terre.

 

De manière imagée , faite pour parler directement au coeur , comme les paraboles du Christ ,ces légendes transmirent et gardèrent dans la conscience populaire, les étapes d’un chemin spirituel où l’homme comme dans un miroir, a pu reconnaître sa véritable dimension...      

Elles ont ,à travers le temps, gardé le souvenir du divin en l’homme, alors que les écoles des mystères étaient souvent persécutées, et leurs écrits expliquant clairement ce chemin, occultés. 

 

Ce chemin est toujours actuel, il répond réellement aux questions de l’être humain.

 Il se découvre et se comprend petit a petit ,comme un plan d’itinéraire, envoyé par un ami, pour rejoindre la véritable humanité.

 

 

 

 

Note: en ce qui concerne cette fameuse pantoufle, sandale ou chaussure, on peut trouver dans le dictionnaire des symboles de Chevalier et Gheerbrant, quelques idées.

- marcher avec des chaussures c’est prendre possession de la terre

- symbole d’affirmation sociale _ clos un contrat dans un texte biblique

denys l’Aréopagite a ecrit : les pieds sont l’image de leur vive agilité, et de cet impétueux et éternel mouvement qui les emporte vers les choses divines.

- symbole de la force de l’ame selon Diel

- selon le mythe de Vaishvanara : les pieds correspondent à la terre

 

il me paraît simplement que la stature debout symbolise l’homme et que la marche symbolise son affirmation de soi. Son attachement à la terre est manifesté par la relation continuelle de la plante de ses pieds, avec le sol.

Porter des sandales confirme alors un certain détachement, d’ou une plus grande affirmation de soi, ou bien, une forme d’indépendance personnelle.

Dans le cas de soulier provenant d’une source magique ou spirituelle, cela prouve une identité appartenant à un autre monde, par le simple fait que la personnalité n’est plus relié avec la terre. le lien, très puissant, naturel et obligatoire, est coupé.

 

Dans une legende Egyptienne la reconnaissance de Cendrillon se fait simplement parce qu’elle peut montrer la deuxieme sandale.

Ici la personnalité demontre sa connaissance des deux natures, et donc son aptitude à être reine, à la canditature à l’autre royaume.

 

Voici le texte original provenant de l’ouvrage d’Elien le sophiste, historien et orateur romain de langue grecque du 2eme siècle.  Ce texte que l’on peut trouver sur Gallica, est situé à la page 380 et s’intitule :

 

De la fortune de Rhodope

 

Rhodope passe pour avoir été la plus belle courtisane de l’Egypte. Un jour qu’elle était au bain, la fortune qui se plait à produire des évènements extraordinaire et inattendus, lui procura une faveur qu’elle méritait moins par les qualités de son âme que par les charmes de sa figure. Tandis que Rhodope se baignait, et que ses femmes gardaient ses vêtements, un aigle vint fondre sur un de ses souliers, l’enleva, et l’ayant porté à Memphis, dans le lieu ou le pharaon Psammétique était occupé à rendre la justice, le laissa tomber dans le sein du prince. Psammétique, frappé de la délicatesse de ce soulier, de l’élégance du travail, et de l’action de l’oiseau, ordonna qu’on cherchât par toute l’Egypte la femme à qui il appartenait : dès qu’on l’eut trouvée, il l’épousa.

 
                                                          Yannick L M

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