Trois archétypes chez les indiens d’Amérique du nord. 1ere partie

Prologue aux

Trois archétypes chez les indiens d’Amérique du nord.

 

Ces archétypes sont :

1 : la femme tombée du ciel

2 : le héros civilisateur

3 : le trickster

 

Il y a quelques années j’ai étudié les légendes des indiens d’Amérique.

Il est apparu que des formes de contes revenaient souvent chez certains peuples,

 en fait les trois archétypes dont je vais vous parler se trouvent dans la presque totalité des èthnies des USA, et dans les èthnies du sud du Canada. A ma connaissance, les trois archétypes sont pour ainsi dire inexistants chez les peuples Zunis, hopis, et chez les autres ethnies apparentées à ces cultures du Nouveau Mexique.

Les archétypes 1 et 2 sont aussi inexistants chez la nation Inuit, par contre le Trickster : archétype n°3 est très courant, mais il n’est représenté que par le corbeau, ce qui est normal sous ces latitudes.

Bien sûr les légendes voyagent beaucoup et s’interpénètrent allégrement, - on peut donc être difficilement catégorique,- néanmoins, il apparait trois courants culturels, sans doute issus de trois courants de migration.

l’étude de ces archétypes est donc l’étude des croyances des indiens d’Amérique du nord.

 

 

 

 

Pour en revenir à ces trois archétypes, il m’a semblé qu’ils étaient liés. Pour les deux premiers, c’est indéniable car le deuxième archétype commence souvent à partir de la fin du premier ou y fait référence. Mais dans n’importe quel livre de légendes, vous trouverez toujours ces deux archétypes séparés ; Il y a d’un côté, le mythe de la femme tombée du ciel, et plus loin celui du héros civilisateur, bien que, dans certains textes comme celui de Hiawatha, (héros civilisateur), il est fait mention de sa grand-mère tombée du ciel. A ma connaissance, personne n’a fait le lien entre ces deux formes de légendes. Si vous connaissez une étude réunissant ces deux mythes, je serais ravi que vous m’en fassiez part.

 

 Le troisiéme archétype: le trickster, a deux fonctions, 1er : celui de héros  élevant les conditions matérielles, culturelles et spirituelles ;  et 2eme celui de personnage moqueur, ironique, sarcastique, role dans lequel il est le plus connu. Le troisième archétype se rattache donc au deuxième, et doit donc être étudié en fonction de ce rapport.

 

« Le chant de Hiawatha » récueilli par H W Longfellow et paru en 1855, a été traduit en francais et édité par les éditions d’art Piazza en 1927 et réimprimé plusieurs fois depuis.

Voici d’autres ouvrages de légendes:

Légendes indiennes par M Edmonds et E Clark, au édition du Rocher, 1995

Le Dieu Coyote par G Delfe, au édition Garnier, 1979

Le chant des flutes par R Erdoes, édition Fédérop 1978

Les légendes des indiens par H R Schoolcraft ed Minerva 1980

Légendes peaux-rouges par W Camus, édition Magnard

Contes de la prairie et du nouveau monde et

Légendes et contes des indiens d’Amérique, édition Grûnd

(Grûnd : très bonne collection que celle intitulé contes et légendes)

L’ouvrage dans lequel on trouve le plus de légendes référencés sur les deux Amériques, est l’étude de Claude Lévi-Strauss, Mythologiques en cinq tomes, edition Plon. Mais je n’y ai pas trouvé le mythe de la femme tombée du ciel. Une étude trop orienté à mon gout : la nature qui éduque par l’évolution petit à petit - ne me semble pas correspondre à la réalité des cosmogonies et des contes merveilleux.

etc……….

  

 

Trois archétypes chez les indiens d’Amérique du nord. 1

 

1 : la femme tombée du ciel

 

      

  

 

il existe d’innombrables versions de la femme tombée du ciel, la plupart très courtes.

Dans la majorité des versions ce sont deux frères ; le soleil et la lune (tous deux des personnage masculin) qui ont sont les protagonistes. Ils décident tous deux de descendre sur la terre pour trouver une compagne. Seul le soleil trouve une femme et l’emmène dans son royaume. Mais bientôt, l’épouse du soleil s’ennuie de la terre ; ainsi, un jour qu’elle béché dans son jardin, elle déloge une grosse pierre et par le trou ouvert dans le sol, elle voit au loin son pays natal. Elle décide de s’enfuir pendant la nuit par ce trou ; alors que son mari dort profondément, elle prend une longue corde et commence cette vertigineuse descente. cependant son mari (le soleil) se réveille et, ne trouvant pas sa femme à ses côtés, part à sa recherche.

Il découvre bien vite le trou dans le sol et apercoit son épouse qui descend, pris de colère il coupe la corde et sa femme tombe sur la terre. Elle meurt en méttant au monde deux garçons, (ou un seul selon les versions), et la légende finit là.


danse-pow-wow-omaha-cheyennes.jpg

 

Ce thème est très connu en Amérique du Nord, chaque tribu a brodé sur ce mythe. Voyons ce qu’il contient…

 

D’abord il existe deux mondes différents : celui des deux luminaires et celui de la terre.

Il y a également deux acteurs, soleil et lune et c’est le soleil lui seul, qui finit par trouver sa compagne.

Cette femme est très attachée à la terre, car le désir – la nostalgie s’empare de sa conscience.

Enfin vient, causée par la colère : la chute

Cette chute donne naissance à des jumeaux : symbolisant la dualité.

 

-- Le théme central de ce mythe est la chute que l’on trouve dans toutes les religions.

Dans le mythe de la femme tombée du ciel, on trouve plusieurs principes :

le masculin est celui du monde supérieur, le régent du ciel, maitre de l’univers, soleil dispensateur de vie.

Mais il à un defaut, semble t’il : il est sujet à la colère, ( qui declenche souvent  bien des actes).

On retrouve donc ici l’aspect créateur qui, dans ce cas est imagé de maniére négative, peut-on dire.

Dans beaucoup de mythes cosmogoniques, ou théogoniques, on retrouve l’orgueil humain comme déclencheur de « la chute » : dans la « Genèse » c’est le désir qui entraine la colére du démiurge, et dans la mythologie grecque,  c’est Chaos (le gouffre béant) qui symbolise la chute sans description d’actes antécédants. Chaos dans ce systéme : la Théogonie d’Hésiode, est l’acte de création en lui-même, c’est à dire la Volonté impérieuse source d’une Création cosmique. Il n’est pas bien ou mal, négatif ou positif, Chaos est Volonté simple, Désir d’expréssion de Création, ensuite l’échelle structurante créationniste déterminera par ces éléments émergeants le sens que prendra ce plan divin. La notion de bien et de mal viendra par la suite. Dans notre légende de la femme tombée du ciel, le soleil est fait à l’image d’un homme, il représente l’expression du maitre du monde créé, du regent cyclique de la nature, et non pas celui d’un dieu céleste omnipotent trop loin d’une conception mentale humaine. Il est donc normal de lui attribuer un sentiment humain comme celui de la colére, sentiment qui déclenchera la chute et la mort de sa femme. D’ailleurs, ce mythe  signifie la mise en scéne de la deuxiéme chute et non celle de la chute primordiale originelle…..

 

-- Le féminin est l’élément significatif de la terre, il n’est pas maitre de ses émotions, ni de ses désirs. Il ne peut donc rester dans le monde supérieur.

C’est cet élément : féminin = sensibilité, qui est désigné par nombre de croyances comme initiateur de la chute.

L’afféctivité ou l’émotivité qui conduit l’individu à réagir, est source de nombreux maux et semble être le caractère symbolique de notre monde, car ici-bas rien n’est stable, ni sûr.

 Ce monde est dualisé : temps et espace – jour et nuit – vie et mort. Le passé et l’avenir, sont les projections habituelles de l’homme, sans conscience de l’immuabilité du présent.

Ce qui est stable, maitre de lui-même, supérieur par son état fondamental est toujours à la recherche de ce qui ne l’est pas ou plus.

 

Le masculin recherchant le feminin peut etre vu également comme l’intellect (froid calculateur) voulant s’unir avec le cœur (douceur et écoute).

 homme-medecine-sioux.jpg

 

-- Sur un plan plus élevé, le soleil représente l’Esprit qui est à la recherche de l’Ame. L’esprit (le soleil et non la lune) éleve l’âme dans son monde supérieur, mais les désirs d’une âme encore excessivement tournée vers le terrestre pèsent trop lourd ; son regard ne peut s’en détacher et bientôt elle retourne à ses habitudes.

Cela vous rappelle sans doute le mythe de Narcisse : celui-ci, épris de son image devient prisonnier de celle-ci, c’est très proche de ce qui arrive à la femme tombée du ciel.

 

Sur le site wikipédia j’ai trouvé cet extrait :

Nonnos de Pannopolis 5eme sciecle après J C( edition Belles Lettres 1976) texte disponible : http://remacle.org/bloodwolf/poetes/nonnos/table.htm Ce texte apporte une version sensiblement différente de celle d’Ovide : faisant de Narcisse le fils d'Endimion et de Séléné, il lui prête une sœur jumelle dont il est très épris. Ainsi lorsque celle-ci meurt, il prend l'habitude de se rendre près d'une source où, pouvant se contempler, il se rappelle l'image de sa sœur qui lui ressemblait exactement .

Voilà pourquoi l’Esprit est toujours en quête de l’âme. elle est une partie intégrante de l’Esprit et doit revenir à celui-ci, quel que soit le temps que cela prendra.

- De l’union de ces deux principes, «  Esprit-âme, masculin-feminin » naît également deux souches différentes qui s’incarneront sur la terre, ce que nous examinerons avec le deuxiéme mythe, celui du héros civilisateur.

 

 

 Y L M

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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