Connaissance du monde incroyablement varié des légendes…

Ou, quelle est  « l’HISTOIRE » des légendes et comment est-il possible de reconnaître ses diverses formes, provenant ou non, des écoles initiatiques, dite aussi écoles des mystères.

 

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Il y a dans ce que peuvent embrasser les histoires racontées à travers le monde, aussi bien des légendes, que des contes, des mythes, des épopées.

Et dans ces quelques définitions : on dénombre des légendes merveilleuses, des légendes historiques, des légendes folkloriques etc… Dans les contes : on parle de contes récoltés, qui comportent  toutes les sous-définitions précédentes, enrichies des contes farfelus ou caustiques (fabliaux pour le moyen-age). Et également de contes moraux et éducatifs issus de l’Inde et de la Perse.

En second lieu, il y a les contes d’auteurs « histoires sorties directement de leur imagination » et qui peuvent comporter pareillement, plusieurs catégories.

Les épopées sont d’une structure simple, (ce sont des histoires guerrières, valeureuses), mais ce n’est pas le cas des mythes, car il existe les mythes cosmogoniques, les mythes théogoniques et les mythes anthropogoniques (la création des hommes), ainsi que tout un panel d’histoires mettant les dieux en scènes.

Dans cette catégorie il y a des histoires très longues qui étaient faites pour êtres contées à un auditoire pendant des soirées entières comme le Mahabharata - et d’autres histoires plus récentes, structurés comme des légendes, exemple : les contes du Graal, plus proches de nous.

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Nous avons donc plusieurs mondes d’histoires, certaines liées à un chemin spirituel ou initiatique, et d’autres liées semble t-il, aux superstitions, à la vie sociale ou encore à portée historique.

 

Lorsqu'il n'est plus assumé comme une révélation des "mystères", le mythe se "dégrade", il s'obscurcit, devient conte ou légende." (Mircea Eliade, mythes rêves et mystères).

 

Plusieurs  problématiques se trouvent devant soi, si l’ont veut avoir une vue plus dégagée, et percevoir l’ordre sous jacent dans cette forêt de contes touffue ….

 

A D’abord l’absence de sens précis dans les termes employés : légende, conte, histoire, chacun peut prendre le terme qui lui chante, ce ne sont pas les dictionnaires qui vont résoudre ce dilemme.

Pourquoi ? tout simplement  parce que ces histoires s‘entremêlent tellement qu’il est difficile de dégager un canevas précis et ordonné.

 C’est pourquoi Il n’y a pas de critères réellement distinctifs  entre les termes : légendes ou  contes….

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B Ensuite, comment  reconnaître une forme originelle ?(ou une forme issue d’une école spirituelle et initiatique) des nombreuses variantes que celle-ci à pris dans le temps ?

(Bien sûr, la majorité des systèmes mythiques proprement dit, sortent des écoles initiatiques, mais souvent, ces textes ont été tellement réécrits que leurs sens en devient complètement incompréhensible.

C’est pourquoi nos savants des siècles passés et ceux d’aujourd’hui  sont encore persuadés que ces histoires sont sorties de l’imaginaire de certains poètes,  de visions chamaniques,  ou encore de l’inconscient collectif. Une étude structurelle un peu poussé des textes spirituels de l’humanité démontre une similitude manifeste pour peu que l’on veuille la voir)

 

 - C’est ici qu’intervient pour nous aider, les différents classements qui ont été élaborés dans les années passées, par ceux que l’on appelle les « folkloristes »….

Il existe un catalogue mondial des légendes, paru en 1910 : la classification internationale, AT  pour : « Aarne et Thompson », les inventeurs de ce volumineux ouvrage. Leur travail consiste à classer les légendes en fonction de leurs ressemblances.

Le catalogue des versions françaises est le « Delarue et Ténéze ».

C’est un bon outil qui permet de ne pas trop se perdre et surtout nous donne une référence chiffré qui permet de parler un langage cohérent  sur une base commune.

Par la suite, il y a eu d’autres essais de classements des légendes. Nous y reviendrons plus tard….

1 Mais puisque nous évoquons les « folkloristes » et les analystes des légendes, brossons maintenant un petit historique…

 

Le 19eme siècle en Europe sera celui des folkloristes, avant les ethnologues ou scientifiques. Ce mouvement débuta avec la récolte des contes et légendes, et ouvrit ensuite sur plusieurs voies de recherches. La sauvegarde des contes et légendes, ainsi que celle des traditions et des « us et coutumes », avant leur disparition, suscita les études menés par la suite pour comprendre les superstitions, les divers rites sociaux.  Les folkloristes auront donné naissance aux pré-ethnologues :car ces études influenceront l’intérêt pour le passé et la recherche des bribes d’anciennes cultures religieuses.

 

Parmi les premiers folkloristes nous trouvons les frères Grimm qui ont édité un premier ouvrage de contes danois en 1811 et qui par la suite, après avoir collecté les contes allemands, feront paraître « les contes de l’enfance et du foyer ». ouvrage qui sera connu dans le monde entier comme « les contes de Grimm. »

En France il y eut Paul Sebillot (1843-1918) qui a fait le même travail que les frères Grimm.

A sa suite beaucoup de collecteurs vont œuvrer dans toutes les régions de France

   - En bretagne :

Anatole Le Braz, fit paraître l’ouvrage «  la légende de la mort »

     Hersart de la Villemarqué écrivit «  le Barzhaz Breizh »

Bien d’autres érudits leur emboitèrent le pas, chacun dans sa province respective

Dans la vieille Europe :

-         En Russie, Alexandre Afanassiev (1826-1871)

-         En Finlande, Elias Lönnrot ( 1802-1884) qui édita sa célèbre épopée en 1849. etc….

 

En France ce mouvement continue jusqu’au début du 20eme siècle…

     - Après 1945, apparait un nouveau collecteur : Henri Pourrat ( 1887-1959)

     - En 1950 à l’initiative d’Henri Dontenville (1888-1981), naît la société mythologique de France.

Le sujet d’études de cette société est la corrélation entre les légendes, contes, superstitions et leurs appartenance à d'antiques religions païennes, gauloises, gallo-romaines, ou germaniques. Ces études s’appuie sur la toponymie et l’étymologie. Bernard Sergent – ethnologue, spécialiste du monde indo-européen, est le président actuel de la société mythologique de France.

Leurs précurseurs furent James G Frazer, Arnold V Gennep et

 George Dumezil ( 1898 – 1986)…

 

Parmi les nombreux ethnologues de terrain, Marcel Griaule (1898 – 1956) est exceptionnel : vingt ans d’études sur l’ethnie des Dogons pour être totalement admis dans cette société si particulière et être initié, petit à petit aux mythes fondateurs ! Il nous a fait découvrir à travers ses ouvrages une spiritualité ritualiste ou la relation entre tous les éléments sacrés permet l’élaboration d’une structure sociale en étroite communion avec ses mythes.

Sans oublier le brillant et incontournable : Mircea Eliade ( 1907-1986), dont beaucoup d’ouvrages font référence, celui que je préfère un de ses derniers livres, est« aspect du mythe ».

 De nombreux mythologues ont fait connaître les textes légendaires et sacrés de cette terre, citons : Régis Boyer, pour le monde germanique Jean Herbert, Alain Daniélou pour l’orient. Difficile de classer ces deux derniers, car leurs études portent aussi bien sur les textes spirituels que sur les textes mythiques, par le fait que la religion et la mythologie du monde hindou sont intimement liés.

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2 Et les fables…

Vous connaissez tous La Fontaine (1621-1695)…qui à puisé dans les fables d’Esope (VII –VI S av JC).

Charles Perrault (1628-1703)et Mme d’Aulnoy feront paraître la même année en 1697, leurs ouvrages respectifs dont ils ont puisé les contes, dans divers livres et revues déjà paru à leur époque.

Il ont réécrit à leur manière des légendes merveilleuses et des histoires édifiantes, ou moralisatrices.

Ces histoires moralisatrices ou éducatives représentes un autre courant de contes, une voie parallèle aux légendes ayant un contenu spirituel.

 

 

Déjà la structure fondamentale  du Mahabharata, met en place, a l’intérieur du récit, de nombreuses histoires édifiantes, qui peuvent éclairer le sens de chaque moment clé de l’histoire.

Le Mahabharata est la Grande épopée Hindoue, c’est l’histoire de la succession d’un roi, qui sera légué :soit à sa lignée directe, soit à celui qui se montrera le plus noble et méritant… ( une grande histoire de famille à laquelle participe l’Inde entière).

Le Pancatantra, le plus ancien recueil de contes de l’Inde, ouvre la voie à une littérature proprement éducative, à l’usage des princes ; Cet ouvrage inaugure réellement le principe de contes dans les contes. D’autres ouvrages suivront qui seront appelés plus tard : « les miroirs des princes ».

Ces textes passeront en Perse ( le Pancatantra sera retraduit et deviendra les aventures de Kalila et Dimna ) et influenceront l’ensemble des histoires qui deviendra les contes des Milles et une nuits… qui seront « découverts » en 1704 par le francais : Antoine Galland.

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3 Parallèlement aux études des folkloristes apparaît un intérêt pour le sens intime des mythes et légendes.

 

En premier lieu, les ésotéristes  : Elena Blavatski de la société théosophique ; et Rudolph Steiner qui créera le mouvement anthroposophique, ont tout deux amplement écrit sur les mythes.

Alice Bailey qui inspira le « new age » a écrit un ouvrage sur les travaux d’Hercule.

Auparavant il y avait l’illustre Goethe, ( le serpent vert) et parmi nos contemporains : Jean Markale, et bien d’autres….

 

 

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Et dans le domaine de la psychanalyse…

Les études de Freud, celles de Jung qui sont d’un grand intérêt et celles de leurs disciple respectifs, comme Bettelheim, Paul Diel ou Marie-louise Von Franz

 

 

 

 

Voilà un bref panorama des différents acteurs qui ont étudié les légendes et ont écrit sur ce sujet.

Pour comprendre les légendes voyons d’abord leur forme, et ensuite nous étudierons leurs comportements.

 

Nous trouvons toujours la même structure légendaire à travers le monde, en premier lieu : les mythes cosmogoniques, cosmiques ou mythes de créations originelles, qui peuvent être plus ou moins élaborés, puis les mythes deviennent simplement des mythes de création des éléments naturels, d’agencement des règnes de cette nature.

Ensuite les forces naturelles ou dieux, s'ingèrent dans les affaires humaines et vivent des aventures étonnantes, ici commencent les légendes …

Par la suite apparaissent les histoires des enfants des dieux, les épopées des demi-dieux et des  héros. Au fur et à mesure que ces récits s’étofferont naîtront nombres de légendes et de contes. Enfin, des histoires plus simples apparaissent que l’on peut appeler contes ou fables. Ces histoires sont tellement nombreuses et diverses qu’elles ont perdu tout lien avec un sens  mythique, parce que les légendes de conteur en conteur, ont vite pris leur indépendance structurelle. Elles sont devenues avec le temps, complètements indépendantes. Ceci n’est vrai qu’en partie, car le rapport qui unit ces histoires à leur origine reste souvent perceptible…

 

Il y a donc un ordre linéaire avéré, que l’on peut trouver dans des textes relativement complets, comme la Théogonie d’Hésiode, le Kalevala d’Elias Lonnrot, l’épopée Peule, transcrite par Hampaté Ba les Eddas nordiques ou dans les livres sacrés de l’Inde.

 

Comme nous l’avons vu dans le chapitre sur les fables, il y a deux potentialités, deux voies de sagesse, à l’origine des contes,

-         une voie spirituelle, qui explique le cheminement d’une initiation spirituelle, par les péripéties d’un voyage, d’une quête, ou d’une volonté héroïque  (entre autres sujets).

-    Et une voie éducative, qui, par de multiples histoires combinant de nombreux personnages et mettant en scène bien des péripéties, démontre une morale qui va rappeler à l’homme sa noblesse et ses devoirs.

Ce sont les deux voies qui devaient amener les hommes et les femmes qui écoutaient ces contes, à la sagesse et à la spiritualité, soit par l’appel direct au cœur de l’homme, soit par une haute morale éducative qui installe l’être humain, tôt ou tard devant une nécessité de connaissance de lui-même.

 

Ces deux voies se sont bien sûr entrecroisées, et ont donné naissance à de multiples configurations, à cause du brassage inhérent au temps, de ses formes mythiques. Alors comment s’y retrouver ?

 

Nous avons précédemment parlé de la classification AT, classement des légendes selon leurs formes apparentes, c’était une œuvre de précurseur et elle fut digne d’Héraklés. Seulement elle ne répondait pas à la raison fondamentale des légendes et sa classification sur certains point, est aléatoire.

Un homme se leva pour chercher l’origine et la structure d’une forme originelle des légendes, ce fut Vladimir Propp, à qui l’on doit la « morphologie du conte », parue en 1928.

Propp a eu l’idée de chercher cette forme dans le recueil  de contes d’Afanassiev, et exclusivement parmi les contes merveilleux.

Il a choisi sciemment de restreindre le choix de son étude à ce type de légendes et ça, c’était une idée de génie.

 

Etudions la classification de Vladimir Propp et le système que j’appelle YINI,  à la prochaine page.

 

 

  je remercie Odile MOUGIN pour les photos de ces oeuvres.

voic l'adresse de son site : http://www.odile-mougin.com/

 

Y L M

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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